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Day 40 : 134 miles parcourus (3142/ 4370 miles) – Vent=25 / 45 Kts

Cet article est le 41 e sur 52 de la série Transatlantique

6h10.
J ai dormi dans la couchette avant cette nuit.
Elle est nettement plus confortable (disparition de l’effet crêpe collée au plafond ! ) lorsque le bateau est en vent arrière.

Le quart est calme, propice à quelques réflexions. Déjà deux semaines que nous sommes partis des Canaries.
Tiens, le soleil se lève à 8h05 aujourd’hui.
La douce torpeur est écourtée par un grain incivique, qui a tout de même la courtoisie de ne pas rester trop longtemps.
Rolland sonde le fil de pêche.
Ça tire fort !
Par contre ça ne remue pas de masses.
Nous remontons la prise.
40 cm, de couleur verte, multiples bras… baskets Asics Pre Galaxy Non, ce n est pas un poulpe radioactif, c est une algue !
A défaut de nous remplir le ventre, ça nous aura bien fait rire !
Transat (1221)Marcus et son nouveau postiche!

Elle doit être à la dérive depuis longtemps, car de nombreux micro coquillages s’y sont développés.

Le ciel se dégage de plus en plus. Peut être va-t-on enfin avoir une belle journée ?

http://www.dailymotion.com/video/x2dvsq7_transatlantique-ca-souffle_travel

Le déjeuner est servi après la sieste/fin de nuit quotidienne. Grosse salade (Rolland) + melon blanc coupé par Pierre.

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Lessive time.
Eh oui, une astuce importante à toujours garder en tête lorsque l’on veut voyager léger : une bouteille de 50cl de lessive est toujours moins encombrante qu’ une semaine supplémentaire de vêtements !
Je sors le seau de douche, qui est recyclé en seau de lessive (c’est beau l’innovation hein ? ), et go pour une bonne lessive à l’eau de mer, avec du savon biodégradable spécial eau de mer bien sur.

Transat (1235)Elles sont pas belles, toutes ces nuances de bleu?

Deux rinçages à l’eau de mer, puis un micro rinçage à l’eau douce et direction les filières (câbles tout autour du bateau servant de garde fou) pour un séchage au bon air marin.

Pendant ce temps, Philippe, Maryse et Rolland préparent des petits dessins que l on utilisera pour faire une photo symbolique du passage du point milieu de notre aventure.

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Cette après midi idyllique tourne hélas rapidement au rinçage d’équipiers.
Il se met à tomber des trombes d eau, pendant une bonne demi heure.
Bon eh bien comme cela mes vêtements auront bien été désalinisés !
C est bien fait la nature quand même ^^

La fin d’après midi est très maussade. Nike Roshe One Uomo Tout le monde est à l’intérieur du bateau (à part le pauvre barreur, qui s’enchaîne les averses), et tente de s’occuper comme il le peut.

Transat (1222)Maryse, écrivant son journal de bord. Elle a l’air de s’appliquer hein?

Pour ma part c’est alternance entre bouquinage, sieste, et barre…

Transat (1245)Ouaiiiiis, c’est trop bien les alizés!!!

Je prépare le dîner pendant que Maryse barre.
A travers les hublots de la cuisine, la nuit devient de plus en plus sombre.
Anormalement sombre d ailleurs.
Tout à coup, un éclair, puis deux.
M…
Ca y est, il fait nuit noire et les éclairs déchirent le ciel.
Ils sont relativement loin, ce qui nous permet d assister à ce magnifique (mais néanmoins flippant) spectacle de manière relativement sereine.
La plupart se font entre deux couches de nuages. New Balance Tienda Ils vont de bas en haut, et parfois partent carrément à l horizontale.

http://www.dailymotion.com/video/x2dvtmk_transatlantique-foudre-dechainee-de-bas-en-haut_travel

La tension monte, certains membre d équipage commencent à perdre leur sang froid.
Il est vrai que la foudre va en s’intensifiant, et que tout cela se passe droit devant nous.
Le plus inquiétant dans tout cela, c est que nous n’avons absolument aucune idée de ce qui nous attend là bas : cela fait deux jours que nous n’avons plus aucune météo (l’Iridium n’accroche plus les satellites ).
Je me dis intérieurement que comme nous sommes en vent arrière, le vent qui nous pousse poussera également ces satanés foyers orageux.
Du moins, je l espère…

Pour compléter cette délicate tension qui se met en place, panne de gaz !
C est le moment de voir si on va manger chaud et cuit les 2 prochaines semaines.
Il reste une bouteille pleine, ouf.

Nous engloutissons plus que ne dégustons une polenta aux boulettes de viande, de manière à être opérationnels au plus vite.

Les nuages sont gigantesques maintenant, et les éclairs redoublent d’intensité.
Nous sommes encore hors du truc, mais ça a l’air vraiment violent.
Marcus finit par appeler Flo, sa femme, à terre, pour lui demander de regarder la météo.
En théorie, il y a 20 nœuds de vent et c’est calme. Ouais ben je les appelerais bien là, les monsieur chargés de la météo au milieu de l’Atlantique, parce que les 20 nœuds on les a, mais 5 miles devant je doute que ce soit aussi calme.
Je me rassure tout de même en me disant que si ça avait été un cyclone, il y aurait eu une alerte météo.
Car c est justement dans cette zone que les cyclones se créent, et il arrive qu’il s en créé encore a cette saison…

21h.
Notre quart.
Je ressort tout l attirail du golfe de Gascogne, et sors équipé, prêt à affronter ce truc, quel qu il soit.
La nuit va être longue.

10 minutes plus tard, une fine pluie fait son apparition, et ne tarde pas à se faire plus dense.
Le ciel est d un noir abyssal.
BROOOOOoooooooooom
Première vocalise audible du tonnerre. Fuck, ça se rapproche.

La foudre nous entoure presque désormais.

http://www.dailymotion.com/video/x2dvxov_tempete-tropicale-a-1400-miles-des-cotes_travel

Le champ de bataille…

Neuf fois sur dix, elle continue à déchirer les nuages. New Balance 997.5 hombre Mais la dixième fois, Elle s’abat sur la mer avec une puissance démentielle.

  • Nike Roshe Run Uomo
  • nike air max 1 ultra moire femme Je n ‘vais jamais vu une telle violence. Un trait droit, très large, tellement dense qu’il est impossible de différencier les différents arcs. Ces décharges durent nettement plus longtemps qu’en temps normal.
    45 minutes plus tard, je passe la barre à Rolland.
    « Jusqu ici, tout va bien ».

    Je reste dehors, à côté de la barre, comme d habitude.
    Tout les autres sont à l intérieur du bateau, à cause de la pluie de plus en plus battante.
    Etrange sensation que la luminosité des éclairs devient de plus en plus intense.
    Je lève la tête.
    Horreur…
    C’est au dessus de nous.

    http://www.dailymotion.com/video/x2dvv3t_transatlantique-tempete-tropicale-au-dessus-de-nous_travel
    Les nuages passent du noir d’encre au blanc de l’aube le temps d un battement de paupière, pour disparaître à nouveau dans les abysses ambiantes.
    La crispation commence à se mettre en place.
    Je m apprête à ce que le ciel nous tombe sur la tête.
    Rien.
    Pire.
    La pluie cesse.
    Le vent tombe.
    Ça pue…

    Tout à coup, une pluie diluvienne s abat sur nous. Kopen Nike Air Max 2017 La force est telle que je me sens écrasé par cette masse d eau.
    La foudre craque.
    La mer se lève.
    La pluie « tombe » désormais à l’horizontale. Aaron Rodgers Packers Jerseys nike air max tn hombre Elle est tellement dense que nous ne voyons plus l avant du bateau.

    Les éclairs éventrent le ciel, qui se déverse en un râle infernal sur notre frêle esquif.
    Ma vision devient déficiente.
    La seule information qu’elle me donne est la persistance rétinienne restant quelques secondes après qu’un éclair ait foudroyé le ciel.
    Vision cauchemardesque de cette mer, de ce monstre, noir de pétrole, démonté, herissé de pics créés par les gouttes de pluie se fracassant à sa surface, se jeter gueule béante sur notre bateau.

    http://www.dailymotion.com/video/x2dvydg_foudre-et-mer-dechainee

    La boule au ventre grossit.
    Je la sens monter en moi, prête à me paralyser à tout instant.
    Il est temps de faire quelques exercices de respiration. La panique n’aura pas d’emprise sur moi.

    Reviens sur terre.

    Reviens.

    Reviens à ta condition d’être éphémère et mortel.

    Et accepte…

    Accepte que la foudre puisse tomber sur le bateau, que la mort puisse frapper.

    Sans trop savoir pourquoi ni comment, un déclic se produit en moi, et ce bien malgré moi.
    Quelquechose change.
    Un soulagement immense me parcourt le corps.
    Le lâcher prise a fonctionné.

    Ce soulagement me permet alors de passer à autre chose, de me concentrer sur ce que je peux maîtriser pour être le plus efficace et réactif possible.

    Ça tombe bien, car il est temps de se bouger : nous devons réduire la voilure.
    Les voilà les fameuses conditions qui nous mettraient dans la m… si la GV ou le gênois ne s’enroulaient pas ou pire, se déroulait (drosse qui casse).
    Début de la manoeuvre.
    Le génois s’enroule.
    OUF.
    Nous mettons les 3 riz.
    Reste plus que la GV.
    Grincement. Ça force, ça frotte.

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  • Elle ne veut pas rentrer.
    Nous forçons.
    Pas le choix, ça doit rentrer.
    5 minutes plus tard, c est ok. Mochilas Kanken España Re-OUF.
    Comme pour nous tester, la pluie redouble alors d’intensité, et le vent devient d’une violence hallucinante.
    30, 35, 40, 45 nœuds !!!
    C’EST L’ENFER SUR TERRE !!!!!!!!!!
    Le bateau mugit, je m’accroche à ce que je peux.
    La peur a laissé place à une concentration extrême.

    Rolland est toujours à la barre.
    Il est concentré, et je sens en lui cette énergie et ce bonheur d’adrénaline se produisant dans ces situations difficiles.

    Puis vient le moment où je dois prendre la barre.

    Tu vas voir saletée, si tu dois avoir ma peau, ce ne sera pas sans mal.
    Je suis à 200 % , prêt à en découdre.
    Ce sont maintenant des paquets d’eau qui s abattent, venant tantôt de la pluie, tantôt des vagues venant se désintégrer sur la coque du bateau.
    Le vent devient très instable, +/- 30°. Asics Tiger męskie Heureusement qu’ il y a une girouette.
    Puis plus rien.
    Quoi ?
    Le vent tombe à … adidas tubular donna 3 nœuds !
    Pas tout à fait la bataille à laquelle je m’attendais !
    Le bateau avance à…

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  • Ah ben non, en fait il est arrêté.

    0,00 nœuds.

    Le peu de vent qui reste tourne sur 360°. Nike Air Max 2016 Dames Qu’ est ce que c’est que ce délire ?
    Désagréable impression de comprendre, avec les tripes, l’expression « le calme avant la tempête ».
    Car en effet, nous sommes en plein milieu de la dépression, dans le fameux « œil ».
    Sensation d’être sur la grille de départ d’une course de dragster. nike air max 2016 zwart Appréhension, mais de la bonne.
    Ça va repartir, mais quand ?
    Ce qui est certain, c’est qu’ il faudra être réactif, car pour le moment le bateau n’est plus manœuvrant, et est placé n importe comment par rapport au vent.

    Les feux de la grille de départ ne tardent pas à s éteindre.
    GO !

    En quelques secondes, le vent passe de 3 à 30 nœuds.
    Les 10 tonnes du bateau se soulèvent, les efforts sont considérables.
    Jasmin craque, rugit, cabre comme une bête sauvage.
    Le moindre de ses muscles se bande dans des craquements assourdissants.
    La bataille finale a commencé.
    Jasmin sort de l’eau et se met à taper contre les vagues, l’attaquant de toutes part.
    La pluie et la foudre s invitent à nouveau.

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  • Le bruit est terrible.
    Et pourtant c’est comme si tout cela était en arrière plan.
    Malgré l’apocalypse apparente, le calme et la détermination sont mes seuls ressentis.
    Mes yeux sont rivés sur les instruments.
    Plus rien ne compte, à part cette pensée : tenir le cap, et sortir de ce truc avec le moins de casse humaine et matérielle possible.

    Le contrat est simple.

    Le vent tourne vite, la barre doit être réactive.

    35 nœuds.
    40 nœuds.
    43 nœuds.

    C est complètement dingue.
    Sur la terre ferme, les tuiles commencent à s’arracher des toits à 35 nœuds.
    A 45 nœuds, les arbres se font déraciner.
    Espérons que le mat soit plus solide…

    Ces conditions déclenchent en moi une très étrange sensation.
    La vie et la mort se côtoie.
    La frontière est fine et mal définie.
    Et cette promiscuité engendre en moi une démultiplication du sentiment de vie.
    Un large sourire illumine mon visage, je crois même que je ris.
    C’est le pied absolu.
    Rodéo sur un étalon sauvage.
    L’orgasme mental dure une bonne dizaine de minutes.
    Puis la situation retourne à une normalité « simplement » sportive.
    Ça y est, nous sommes passés.

    Ca y est, le tournant de ce voyage initiatique s’est amorcé.

    La voilà, l’Epreuve.

    Celle dont vous ressortez grandi, ou bien ne ressortez pas.

    Je suis bien…

    Le reste du quart se continue au calme, avec un vent plus faible mais toujours sous une pluie battante.
    Tout est coton.
    Plénitude.

    Nous accueillons la relève avec soulagement, eux le sont visiblement beaucoup moins !

    Direction couchette.
    Pas un bout de vêtement n’est sec. Je me sèche, et me couche, sur ce matelas moelleux, dans cette atmosphère tiède, en entendant le bruit de la pluie battre contre les écoutilles de la cabine.

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    2 réflexions sur “ Day 40 : 134 miles parcourus (3142/ 4370 miles) – Vent=25 / 45 Kts ”

    1. Salut mon cher Motard,

      Je suis régulièrement ton journal, et cette aventure que tu as entrepris me laisse emerveillée depuis le début, même si je n’ai pas souvent la motive pour laisser des commentaires…

      Cette tempête! Que de frisson! Ton récit est vraiment très impressionnant…

      J’en profite pour te souhaiter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, et faites attention à vous quand même!

      Gros bisous

      À bientôt

      Nelly

      1. Salut Nellouf!
        Merci pour ce super commentaire, ça me fait chaud au coeur de savoir que tu lis ce blog :)
        Je te souhaite une très belle année également.
        A bientôt!

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